Les origines honteuses de notre alimentation | Le Devoir

Les origines honteuses de notre alimentation | Le Devoir.

Des tomates italiennes cueillies par des sans-papiers sous le contrôle quasi militaire de patrons sans merci. Du poisson pêché au large des côtes africaines — et faussement étiqueté « République de Corée » — par des chalutiers asiatiques sur lesquels des exploités s’entassent pour une paie de misère. Une production au rabais qui, ultimement, se retrouve dans des supermarchés européens où la guerre des prix est un modus operandi élevé en évangile.

 D’où viennent exactement les aliments qu’on achète à l’épicerie ? Dans quelles conditions ont-ils été produits ? Avec quelle main-d’oeuvre et à quel prix ? Ces questions, avouons-le, ne concernent pas que l’Europe.

 L’équipe de Cash Investigation, une force de frappe redoutable dont le travail d’enquête est diffusé à France-2, s’est rendue en Italie, au Cameroun et en Guinée-Conakry pour rencontrer, avec une caméra cachée, les travailleurs et les producteurs.

En essayant ensuite de pourchasser les grandes entreprises pour obtenir des réponses, elle se heurte à un mur. Entre celles qui répondent par courriel et les autres qui se réfugient derrière la présumée responsabilité des fournisseurs, la vérité est fuyante.

Les témoignages sont percutants. Au milieu des champs de tomates, dans le sud de l’Italie, voici un bidonville. Les travailleurs versent au propriétaire 100 euros par mois pour y construire une cabane. « En venant ici, je ne pensais pas qu’on pouvait subir une telle souffrance », dit l’un d’eux. « Même en Afrique, c’est très rare qu’on voie ça. » Est-ce que c’est plus dur qu’en Afrique ? « Oui. »