Autour du Gombo

« Le don d’une plante utile me paraît plus précieux que la découverte d’une mine d’or,
et un monument plus durable qu’une pyramide ». Bernardin de Saint-Pierre
Voyage à l’Île de France, p. 58, (lettre 13)
Au Cameroun il est connu sous l’appellation de Pès dans le département de la Lékié. Dans la région de Yaoundé et ses environs on parle de Bitetam. Cependant qu’à Bafang on l’appelle Ako. Du côté du Nord de la République, en Fufuldé notamment, on désigne le gombo Bascodé. Son fruit est employé à la fois, comme légume et condiment. Au Cameroun on lui emprunte le nom pour désigner aussi les dessous de table dans divers milieux.

Grâce à son aspect glissant, le gombo donne du tonus à la peau pendant le bain à l’eau tiède. II facilite l’accouchement sans douleur grâce aux frictions des feuilles le ventre. Consommé cru, il soigne l’incontinence urinaire et facilite la digestion. Ses graines soignent la fièvre. Ses feuilles, fruits et graines sont utilisés dans les soins de diverses maladies. Fort de ses propriétés, le gombo est fortement conseillé dans les cas d’irritation de la peau, d’ampoules aux mains ou aux pieds, et de constipations. Lorsque la peau est irritée, il suffit de froisser les feuilles dans de l’eau pour frotter ensuite la peau avec lé liquide gluant obtenu.

Les ampoules aux mains et aux pieds peuvent être soulagées par des bains-marie de feuilles et de fleurs. Pour soigner la fièvre, il faut griller les graines sèches en poudre et faire bouillir quelques minutes pour donner aux enfants sous la dose d’une à trois cuillères à soupe. Mais, les adultes peuvent les prendre plusieurs fois par jour. En cas de constipation, couper le gombo vert en petits morceaux glissants. Les faire bouillir et boire. Les adultes doivent boire le liquide obtenu le matin et à midi. Le fruit contient une substance mucilagineuse utile pour épaissir soupes et ragoûts. Pour ce faire, il convient de choisir des gombos bien colorés de moins de 10Cm de long afin qu’ils ne soient pas durs.
Le gombo se mange cru ou cuit et il fait partie de nombreux plats à la créole; il se marie bien avec la tomate, l’oignon, le poivron ainsi qu’avec le curry, la coriandre, l’origan, le citron et le vinaigre. Fragile, il se conserve deux à trois jours au réfrigérateur dans un sac de papier. M. Engoudou, un restaurateur de la place conseille sa consommation aux quadras.

La fleur de Abelmoschus esculentus est valorisée à des fins alimentaires et médicinales. Le carcadet (de l’arabe Karkandji) est une boisson à base de fleurs de Abelmoschus esculentus, séchées puis infusées, très prisée en Égypte. Elle se boit froide ou chaude. Le carcadet est en vente dans des boutiques d’herboristerie ou sur le marché électronique. On lui prête au Maghreb des vertus diurétiques et sédatives. Servie fraîche et abondamment sucrée, cette décoction est également préparée en Afrique de l’Ouest: On l’appelle alors Bissap (au Sénégal et en Mauritanie notamment, l’appellation populaire en vogue pour cette boisson est devenue “Coc’Afrique”. C’est une boisson recommandée pour ses vertus laxatives. On dit surtout ici qu’elle soigne les maux d’estomac. En clair, le fruit de Abelmoschus esculentus, entre dans la composition de nombreux plats africains, asiatiques, d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud.